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Patrick Devedjian, Président de Paris La Défense, nous a quitté la nuit dernière

Patrick Devedjian, ancien Ministre, Président de Paris La Défense et du Département des Hauts-de-Seine, est décédé dans la nuit du samedi 28 au dimanche 29 mars.

Président de l’EPAD (Établissement Public d’Aménagement de La Défense) de 2007 à 2009, Patrick Devedjian a ensuite pris la tête de Defacto (Établissement Public de Gestion de La Défense) de 2009 à 2017. En mars 2018, il devient président de Paris La Défense, nouvel établissement public local, né de la fusion de l’Epadesa et de Defacto.

La vie de Patrick Devedjian est étroitement liée à l’histoire de La Défense.

Dans les années 50, c’est à Courbevoie que son père, Roland Devedjian, établit son entreprise. Quelques années plus tard, il est exproprié par l’Epad, Établissement public d’État en charge d’aménager La Défense, les terrains étant réquisitionnés pour y bâtir le futur quartier d’affaires.

Ironie de l’histoire, près d’un demi-siècle plus tard, en 2007, Patrick Devedjian prend la tête de l’EPAD.

De 2009 à 2017, Patrick Devedjian préside Defacto, nouvel établissement public local chargé d’assurer la gestion du site, l’EPAD devenu EPADESA conservant la mission d’aménagement.

Fervent partisan de la décentralisation, il milite pour une gouvernance simplifiée de La Défense à la main des collectivités locales concernées. C’est grâce à son travail qu’en janvier 2018 est créé Paris La Défense. Établissement public industriel et commercial (Epic) compétent à la fois en matière d’aménagement, de gestion et de promotion du territoire. La Défense retrouve ainsi les moyens de maintenir son rang de premier quartier d’affaires européen.

Toujours soucieux de préserver et d’accroître l’attractivité du quartier d’affaires de La Défense, Patrick Devedjian lui aura donné un nouveau souffle.
À son initiative et grâce au soutien financier sans faille du département des Hauts-de-Seine, de nombreux projets d’envergure seront lancés par Defacto, puis par Paris la Défense, afin de moderniser et transformer le quartier d’affaires. Sa priorité est d’abord celle de l’investissement. Un premier grand plan est engagé pour la remise à niveau des équipements et des infrastructures ainsi que la transformation des espaces publics du quartier, y compris des espaces sous la dalle dont il est le premier à comprendre l’importance et tout le potentiel de valorisation.
Il comprend également que la mission de gestion du quartier d’affaires ne peut se résumer à une simple gestion technique, même de qualité. Sur les questions de sécurité et de sûreté, il fait le choix de ne pas limiter l’établissement public à accomplir ses seules missions réglementaires mais à assumer un niveau de service plus large et plus qualitatif, grâce au recrutement d’équipes plus nombreuses et formées, et à des investissements très significatifs dans les moyens matériels mis à disposition.

Convaincu du mariage de raison entre économie et culture, il impulse également un travail de restauration et de mise en valeur des œuvres d’art de La Défense et lance une véritable politique culturelle et événementielle du quartier d’affaires, qui va rapidement en modifier la vie comme l’image.

Cette politique ambitieuse s’est aussi faite avec le souci permanent de la bonne gestion des deniers publics. Sa préoccupation constante était de développer les ressources propres, de Defacto puis de Paris La Défense, afin de les rendre moins dépendants des subventions des collectivités locales. Cette optimisation des ressources n’était pour lui qu’une première étape, il voyait plus loin et appelait de ses vœux un changement profond de modèle économique de l’établissement public et du territoirre, changement qui commence à être mis en œuvre. C’est avec les équipes du nouvel établissement Paris La Défense que Patrick Devedjian voit se concrétiser à partir de 2018 de nombreux projets d’ampleur qu’il avait initiés.
Pour que La Défense continue d’être attractive, il faut qu’elle se transforme. Il faut que le quartier d’affaires s’ouvre à d’autres usages. La qualité de vie est au cœur de la stratégie de développement de La Défense. Ouverture de restaurants, végétalisation des quartiers et de l’axe central…
Pour Patrick Devedjian, l’animation culturelle et évenementielle est elle aussi un levier pour développer l’attractivité du quartier. Naissent alors de grands rendez-vous, tels que Garden Parvis, l’Urban Week ou encore Les Extatiques.
La plus grande salle de spectacles d’Europe devient Paris La Défense Arena. On ne parle plus de La Défense uniquement pour ses tours et le business. Les Rolling Stones, Paul McCartney, Pink, Mylène Farmer… Le quartier change.

Le dernier challenge auquel Patrick Devedjian s’attelait avant sa disparition était l’ambitieux projet de valorisation des volumes sous-dalle. L’idée du président de Paris La Défense : donner vie aux milliers de mètres carrés qui sommeillent sous la dalle. Dans une démarche vertueuse et durable, il s’agit d’exploiter des lieux jusque-là inaccessibles, d’améliorer les liaisons douces au sein du quartier, de développer l’animation du territoire et ainsi participer à son rayonnement métropolitain. Et d’engager plus encore Paris La Défense dans la mutation de son modèle économique et urbain …

Pour Marie-Célie Guillaume, Directrice Générale de Paris La Défense, « C’est avec une immense tristesse que j’ai appris la disparition de Patrick Devedjian. J’ai eu, pendant dix-huit ans, l’honneur et le privilège de travailler auprès de lui. Il était un homme politique rare. Libre et visionnaire. Cultivé et provocateur. Pudique et secret. Il portait en lui la blessure insurmontable du génocide Arménien. Il y puisait son incroyable énergie d’avancer, sa volonté de bâtir, et sa résistance à l’adversité. Il disait souvent que la vie est un combat. Ce combat il l’a mené jusqu’au bout, debout, longtemps seul, sans concession ni compromission. Il était passionnément attaché et dévoué à son département des Hauts-de-Seine, dont il aimait vanter le métissage, la créativité, les contrastes, et qu’il a profondément et visiblement transformé.
Le développement de La Défense aura été l’une de ses dernières obsessions. Il y mettait toute son intelligence, son exigence et une vision stratégique très claire. Poussant sans relâche l’ensemble des collaborateurs de l’établissement public à renouveler nos idées, nos pratiques, à oser prendre de nouveaux chemins pour renforcer l’attractivité du territoire, développer nos ressources et assurer la pérennité de notre modèle de développement.
Son départ si soudain est une immense perte. Je croyais pourtant qu’il était invincible.
Les collaborateurs de Paris La Défense s’associent à moi pour présenter leurs plus sincères condoléances à Sophie, son épouse, à ses quatre fils et à ses petits enfants.
Fidèles à son esprit et à l’ambition qu’il portait pour Paris La Défense, nous poursuivrons cette œuvre qui lui tenait tant à coeur.
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